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DéficienceINTELLECTUELLE

Vous vous retrouvez maintenant au beau milieu d’une classe, entouré d’étudiants du même âge que votre enfant. Ceux-ci ne semblent pas remarquer votre diférence d’âge, y compris l’enseignante qui n’en fait aucun cas. Celle-ci est plus jeune que vous, ça vous fait étrange…

L’enseignante a collé une mappemonde au tableau. Elle pointe chacun des continents en les nommant. Vous l’écoutez avec un certain ennui ; elle ne vous apprend rien que vous ne connaissiez déjà.

Vous vous rendez compte que vous avez un bien étrange voisin de pupitre. Celui-ci n’a rien d’humain, mais plutôt la forme d’un animal…coquin et fragile… comme s’il voulait jouer avec vous. Voyant que vous le regardez, il vous fait un large sourire avant de retourner son attention au tableau. Vous faites de même.

Pour une raison qui vous échappe, l’enseignante fait son exposé à l’accéléré, comme si elle sortait d’un film de Charlie Chaplin. Un bref coup d’oeil autour de vous et vous comprenez qu’il n’y a pas que votre professeure qui avance à vitesse accélérée. Toute la classe progresse à un rythme différent du vôtre.

Un coup d’oeil à l’horloge et à ses aiguilles qui font la toupie confirme vos doutes. Le seul individu qui partage ce même espace-temps est votre sympathique voisin. Le petit animal semble d’ailleurs aussi dépourvu et inquiet que vous…

Les choses s’accélèrent encore de plus en plus. De nouveaux groupes d’étudiants remplacent les élèves précédents, la maîtresse a elle aussi vieilli et se fait bientôt remplacer par une enseignante plus jeune. Les choses vont maintenant tellement vite que l’entourage se résume au brouillard coloré du va et vient des passants. Vous ne pouvez rien y faire. Même votre corps semble adopter ce rythme accéléré vous laissant seul avec vos idées d’aujourd’hui… qui elles n’ont pas évolué.

La créature vous lance un regard démuni. La tristesse et l’angoisse se lisent dans ses yeux. Vous vous sentez exactement comme elle. Que va-il se passer ?

La déficience intellectuelle
C’est quoi?

La déficience intellectuelle se caractérise par des limitations significatives du fonctionnement intellectuel et des habiletés adaptatives manifestes avant l’âge de 18 ans. Par fonctionnement intellectuel, on entend la capacité d’une personne à comprendre et traiter les informations, alors que le fonctionnement adaptatif réfère à un ensemble de compétences nécessaires pour s’adapter aux exigences de la vie courante et aux normes d’autonomie attendue, compte tenu de son âge, son contexte socioculturel et son environnement.

En plus de l’autonomie et des capacités intellectuelles, les difficultés se manifestent au niveau du langage, de la lecture, de l’écriture, des relations interpersonnelles, de l’estime de soi, de la capacité à suivre la loi et les directives ainsi qu’au niveau de l’accomplissement des activités de la vie quotidienne. L’enfant qui a une déficience intellectuelle passera par les mêmes étapes de développement que les autres, mais ses apprentissages seront de plus en plus lents et difficiles à acquérir à mesure que le degré d’abstraction et de symbolisation augmente.

L’éducation d’un enfant qui a une déficience intellectuelle demande beaucoup de patience, mais il est important d’ajuster les attentes en fonction de ses capacités et de toujours continuer à le stimuler. Puisque la déficience n’est pas une maladie, mais un état, il n’y a donc aucun traitement ni médication.

Il existe quatre catégories de déficience intellectuelle, selon le niveau d’atteinte. Plus le quotient intellectuel (QI) est bas, plus les incapacités sont nombreuses. Le diagnostic se fait généralement à la naissance sauf pour la déficience intellectuelle légère qui est souvent constatée durant les premières années de scolarité primaire.

La déficience intellectuelle légère (QI entre 55 et 75), permet à la personne de mener une vie autonome, par exemple, habiter seule dans un appartement, occuper un emploi, si elle a reçu l’aide nécessaire pour l’y préparer. Le langage ne présente pas d’anomalie évidente, l’insertion sociale avec la famille et les autres enfants est souvent satisfaisante tout comme l’équilibre affectif. Les difficultés apparaissent généralement au moment de la scolarisation puisque le développement psychomoteur s’est effectué jusque là normalement et il est rare de retrouver des anomalies physiques et médicales. En fait, ce sont les exigences de la scolarité obligatoire qui conduisent à identifier la problématique intellectuelle, puisque l’incapacité de ces enfants à accéder à une pensée plus abstraite représente la principale limite à leur progression.

La déficience intellectuelle moyenne (QI entre 35 et 54) à sévère (QI entre 20 et 34) permet une certaine autonomie dans les conduites sociales, surtout si l’enfant évolue dans un environnement stimulant et chaleureux. Toutefois, à l’âge adulte, l’encadrement protégé et supervisé demeure nécessaire puisque le langage reste souvent maladroit et la lecture impossible ou alors au niveau d’un déchiffrage rudimentaire. Ces individus ne dépassent pas un âge mental de 6-7 ans, la pensée se maintenant au stade préopératoire. En bas âge, les retards psychomoteurs sont fréquents.

La déficience intellectuelle profonde (QI en-dessous de 20) affecte grandement les possibilités d’interaction avec l’environnement, puisque le niveau mental ne dépasse pas 2-3 ans. On note dans la petite enfance un retard massif de toutes les acquisitions, qui restent souvent incomplètes. L’autonomie des conduites de la vie quotidienne est partielle (alimentation, toilette, contrôle sphinctérien), mais peut toutefois être améliorée avec de la stimulation. Le langage est quasi inexistant, réduit à quelques mots ou sons. Pour satisfaire leurs nombreux besoins, ces personnes nécessitent souvent une structure institutionnelle spécialisée. L’existence d’anomalies morphologiques, de troubles neurologiques, de crises épileptiques associées est fréquente.

La déficience intellectuelle touche environ 3% de la population. De ces 3%, près de 90% des personnes ont une déficience légère, 7% une déficience moyenne et 5% une déficience profonde. La déficience intellectuelle peut frapper n’importe quelle famille et n’est aucunement reliée à l’éducation, au milieu social, économique ou à la race, bien que la maltraitance et la négligence des enfants sont considérées comme des facteurs de risque. Selon certaines recherches, il y aurait plus de 350 causes de déficience intellectuelle. Dans 60% des cas, l’hérédité est un facteur déterminant tout comme le sont certaines conditions génétiques.

Certaines variables précédant l’accouchement peuvent avoir une influence notamment les effets du tabac, de l’alcool, des drogues ou la mauvaise alimentation de la femme durant sa grossesse. À la naissance, des problèmes tels que le manque d’oxygène, une infection néonatale ou la prématurité sont également pointés du doigt. La maltraitance et la négligence des enfants par des adultes sont également susceptibles d’occasionner une déficience intellectuelle.

La déficience intellectuelle demeure malheureusement encore méconnue, étant souvent confondue avec la maladie mentale. Or, la déficience intellectuelle n’est pas une maladie, mais un état permanent, qui se diagnostique avant 18 ans, alors que la maladie mentale affecte le comportement et l’affectif de la personne sans lien avec son fonctionnement intellectuel. Certaines personnes vivant avec la déficience intellectuelle peuvent souffrir de déficience motrice, physique et peuvent, quelquefois, développer certains troubles mentaux, ce qui constitue alors un double diagnostic.

Comment la cibler?

Les premières manifestations prennent souvent la forme de retards significatifs notés dans l’ensemble des apprentissages de base en comparaison avec les autres enfants du même âge. Par exemple :

  • Se tourner dans son lit
  • S’intéresser à l’environnement
  • Sourire
  • Gazouiller
  • Ramper
  • Marcher
  • Exprimer ses besoins de façon à se faire comprendre
  • Parler
  • Comprendre les consignes simples
  • Faire la différence entre de nouvelles expériences et des situations familières
  • Incapacité à retrouver un objet qui vient d’être caché et perte d’intérêt lorsque l’objet n’est plus visible
  • Manger sans aide
  • Enlever ou mettre ses vêtements

Chez l’enfant plus vieux, il est possible de constater les manifestations suivantes :

  • Difficulté à suivre les indications
  • Recherche la compagnie des enfants plus jeunes
  • Manifeste un malaise face aux situations qui lui demande de porter un jugement
  • Difficultés de rétention et de traitement de l’information
  • Grande vulnérabilité aux abus, impression de naïveté

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