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Le syndromeDYSEXECUTIF

Vous vous retrouvez maintenant au beau milieu d’une classe, entouré d’élèves du même âge que votre enfant. Ceux-ci ne semblent pas remarquer votre différence d’âge, y compris l’enseignante qui n’en fait aucun cas. Celle-ci est plus jeune que vous, ça vous fait étrange…

L’enseignante s’active au tableau. Elle y rédige la table de multiplication du chiffre 7. Vous sursautez en vous rendant compte qu’à côté de vous se trouve une drôle de créature équipée d’un gros sac à dos. Elle suit calmement le cours tout comme vous.

L’enseignante se retourne et vous demande de retranscrire ce qui se trouve au tableau et d’y ajouter les réponses manquantes. Vous ouvrez votre pupitre pour y prendre votre cahier et votre coffre à crayon, mais malheureusement, vous n’y trouvez qu’un cube en plastique, un ressort et un rapporteur d’angle. Embêté, vous sortez et disposez le tout sur votre pupitre, l’air béat et un peu perplexe. En quoi ces objets vous aideront-ils à compléter l’exercice?

 

La créature semble sensible à votre désarroi et, dans le but de vous aider, ouvre son sac, en sort une brocheuse et vous la tend. Bien que touché par l’intention de votre curieux voisin, vous ne voyez toujours pas en quoi une brocheuse va vous aider!

L’enseignante annonce qu’elle ramassera les cahiers dans cinq minutes. Vous êtes tous deux paniqués, vous et la créature. Empressée, celle-ci vous donne d’autres outils dans l’espoir de vous aider : un ballon, un marteau, une passoire, une bougie, un entonnoir, une patte de lapin en porte-clé, une épingle à linge… un spinner, une balle anti-stress! Si cela ne s’avère d’aucune utilité pour votre tâche du moment, cela parviendra peut-être à vous calmer!

En articulant lentement, vous lui demandez si par hasard elle n’aurait pas un simple “crayon” et une “feuille blanche” dans son sac. Elle vous regarde un instant avec un regard embêté et vous donne un entonnoir et une pelote de laine. Vous mimez alors le geste d’écrire sur du papier. Pour seule réponse, elle vous tend une lampe de poche et un élastique à cheveux…

Les 5 minutes se sont écoulées. Sur votre pupitre: un véritable capharnaüm d’objets hétéroclites tout aussi inutiles les uns que les autres. Vous n’avez même pas pu commencer l’exercice. La tête entre les mains, vous abandonnez tout espoir de rendre un travail décent. Vous maîtrisiez pourtant si bien la table de 7.

Le dysexecutif
C’est quoi?

Les fonctions exécutives constituent un ensemble d’habiletés cognitives qui interviennent essentiellement dans les situations qui demandent de la réflexion et une adaptation à des situations nouvelles, inhabituelles et « non-routinières ». Elles regroupent généralement les composantes suivantes : l’activation cognitive, la planification des tâches à accomplir (anticipation et réalisation logique), le maintien de l’attention et la surveillance de l’avancement des tâches jusqu’à la réalisation du plan, la flexibilité mentale (adaptation aux imprévus, correction des erreurs, passage d’une tâche à l’autre), le contrôle de l’inhibition (capacité à résister aux informations non pertinentes et aux comportements inadaptés ou automatiques) ainsi que la régulation des émotions.

Anatomiquement, les fonctions exécutives siègent au niveau des lobes frontaux du cerveau (juste derrière le front). Elles impliquent le cortex préfrontal en interaction avec la plupart des aires cérébrales : aires motrices, aires sensorielles, cortex limbique (gestion des émotions), aires associatives postérieures, etc. Toutes les anomalies des fonctions exécutives, quel que soit le mécanisme les ayant provoqués, sont regroupées sous le terme de « troubles des fonctions exécutives » ou « troubles dysexécutifs ».

Les dysfonctions observées peuvent résulter de l’atteinte du cortex préfrontal lui-même (comme c’est le cas suite à certaines maladies ou atteintes neurologiques) ou de l’atteinte des connexions le reliant aux autres structures cérébrales. Les troubles dysexécutifs sont identifiés en l’absence de retard mental. Chez l’enfant, il ne faut pas confondre immaturité et dysfonctionnement frontal. Les jeunes enfants (jusqu’à 4-6 ans) ont des comportements de type « frontal » car les lobes frontaux ne sont pas encore tout à fait matures. Il est donc « normal » qu’un enfant soit plus impulsif à 3 ans qu’à 10 ans.

Comme pour d’autres difficultés développementales, les dysfonctions exécutives demandent à l’enfant un effort supplémentaire afin de compenser ses difficultés. Il en résulte dès lors une fatigue supplémentaire. La gêne est donc quotidienne que ce soit au niveau des exercices à accomplir à l’école (difficultés de compréhension de l’énoncé, défaut de mémoire de travail, et difficulté à organiser son travail pour aboutir à la bonne réponse) qu’au niveau de sa socialisation (comportement parfois inadapté à cause d’un défaut d’inhibition) et de son autonomie (difficulté à réagir de manière adaptée et à organiser sa vie hors de la routine). Les dysfonctions exécutives, par les difficultés qu’elles entraînent, peuvent également provoquer des sentiments de tristesse et d’autodépréciation, et ce quelles que soient l’efficience intellectuelle ou les autres capacités cognitives de l’enfant qui en souffre. Ces symptômes souvent inconnus sont régulièrement pris, à tort, pour de la mauvaise volonté, de la « lâcheté », de l’impolitesse, un manque de savoir-vivre de la part de l’enfant, augmentant dès lors sa souffrance, son découragement et son impuissance.

Comment la cibler?

Déficit du contrôle de l’inhibition

  • Dit ou fait des choses qu’il regrette rapidement par la suite
  • Dit ou fait des choses qui embarrassent les autres
  • Nie son comportement même lorsqu’il est pris sur le fait
  • Ne peut expliquer les raisons de son comportement
  • Répond sans réfléchir
  • Abandonne rapidement les problèmes qui constituent un défi
  • Débute les tâches sans avoir écouté toutes les consignes
  • Parle sans lever la main
  • N’est pas capable d’attendre son tour
  • Ne s’adapte pas toujours efficacement aux situations nouvelles, car il a tendance à choisir en priorité les réponses les plus simples ou les plus habituelles

Déficit au niveau de la régulation des émotions

  • Devient anxieux ou frustré quand les tâches se compliquent
  • Émet des commentaires négatifs en travaillant (« Je ne suis pas capable », « C’est trop difficile », « C’est injuste »)
  • Changement d’humeur fréquent (émotions en montagnes russes! ): humeur
  • influencée par les situations
  • Sujet à une anxiété démesurée
  • Réagit à l’excès pour des banalités, tendance à la dramatisation
  • Semble indifférent
  • Admet difficilement qu’il ne connaît pas la réponse: s’obstine.
  • Humeur négative qui tend à persister. Se remet lentement d’une déception
  • A une perception erronée des situations suscitant des émotions intenses

Problèmes de persistance à la tâche

  • Cesse de travailler lorsque la tâche devient difficile ou plus exigeante
  • Peu stimulé par les défis
  • Ne retourne pas à la tâche lorsqu’il est interrompu
  • Doit trouver un intérêt pour se soumettre à une tâche, sinon, il procrastine et abandonne
  • La tâche semble toujours trop longue, peu pertinente, différente de ce qui avait été prévu…
  • Demande souvent quand le cours ou la tâche se termine
  • Choisit les réponses les plus « évidentes », « saillantes », car ne peut analyser plusieurs solutions simultanément
  • Prend des risques non calculés
  • Manque de jugement
  • Cherche les « raccourcis », la « loi du moindre effort »
  • Peut se montrer harassant, harcelant jusqu’à ce qu’il obtienne ce qu’il désire
  • Égocentrique: considère peu la perspective des autres ou l’impact de ses gestes.

Problèmes d’activation

  • Lorsqu’une tâche est complétée, prend trop de temps avant d’en débuter une autre
  • En équipe: laisse les autres commencer ou diriger la tâche
  • A besoin qu’on lui dise quand commercer une tâche, même s’il est disposé à la faire
  • A du mal à avoir des idées sur les activités ou jeux qu’il pourrait faire pendant ses temps libres
  • A du mal à commencer ses devoirs ou ses corvées
  • A du mal à organiser ses activités avec ses amis: laisse les autres décider
  • Ne prend pas d’initiatives, procrastine
  • Il est perçu comme paresseux, nonchalant
  • Semble souvent avoir un potentiel limité
  • Se plaint de ne rien avoir à faire, de ne pas savoir quoi faire…
  • « Ça me dérange pas », « Comme tu veux », « Bof… »

Problèmes de flexibilité mentale

  • S’adapte difficilement quand les consignes changent ou que la tâche se modifie en cours de route: les transitions sont difficiles
  • Ne peut envisager une approche alternative lorsque la première stratégie s’est avérée infructueuse
  • Irrité par les changements, même mineurs, touchant les routines ou lorsque se
  • présente un imprévu
  • Peu efficace dans les questions à développement
  • S’attache inutilement à certains détails
  • Excessivement pointilleux concernant les règles et les consignes: ne tolère aucun écart
  • Difficulté à nuancer: pensée dichotomique
  • Difficulté à saisir plusieurs dimensions d’une même réalité
  • Réfléchit trop au même sujet: « rumine », « boqué »
  • « Ce n’est pas comme le professeur l’a montré! »

Manque de planification et d’organisation

  • Ne rapporte pas à la maison les devoirs, les feuilles d’exercices, son matériel, etc.
  • A de bonnes idées, mais il n’est pas capable de les mettre par écrit
  • Prend difficilement des décisions
  • Formule difficilement des objectifs, ses buts
  • A du mal à structurer les informations en résolution de problèmes
  • Peut difficilement diviser une tâche complexe en tâches simples
  • Oublie de remettre ses devoirs, même quand il les a faits
  • Se perd dans les détails et ne voit pas l’ensemble
  • A de bonnes idées, mais ne fait pas le travail demandé (manque de suite dans les idées)
  • Est vite dépassé lorsque les tâches sont longues
  • A du mal à effectuer les actions nécessaires pour atteindre ses objectifs (économiser de l’argent pour acheter quelque chose, étudier pour avoir une bonne note)

Problème au niveau des interactions sociales

  • Dérange ses voisins qui écoutent les consignes
  • Parle plus fort que les autres ou plus longtemps
  • Interrompt les autres, prend trop de place dans les conversations
  • Considéré naïf ou au contraire, excessivement directif avec les autres…
  • Change de sujet, saute du coq à l’âne
  • Est dur à suivre: donne trop d’informations ou peu assez
  • Semble « confabuler »: raconte des choses invraisemblables ou complètement à côté de ce qui s’est réellement passé
  • Se sent souvent « victime », « mal compris », « faussement accusé »
  • Blâme ses pairs pour ses erreurs
  • Demande de l’aide avant même d’avoir essayé
  • Ne semble pas en mesure de s’intégrer au groupe: ne « fitte » pas et/ou ne sait pas comment…
  • Ne semble pas percevoir les réactions des autres à ses comportements
  • Difficulté à contrôler leurs états émotifs intenses;
  • Difficultés à intégrer des stimuli sociaux complexes (ex. les expressions faciales, le ton de voix, les sous-entendus…)
  • Précipitation dans le négatif: « surétiquetage » des émotions comme étant de la colère
  • Génèrent des stratégies surtout physiques, maladroites plutôt que verbales et prosociales

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