LES TÊTES FORTES
5500 boulevard des Galeries,
Local 110, Québec, Qc, G2K 2E2
RESEAUX SOCIAUX
Besoin d’informations ?

info@tetesfortes.ca

581-704-5606

HORAIRE

Du lundi au vendredi
8h à 20h

POUR NOUS JOINDRE

Disponibilités





Veuillez noter qu’une réponse vous sera acheminée dans un délai de 24 à 48 heures ouvrables. Merci de votre compréhension.

Trouble du spectre deL’AUTISME

Vous vous retrouvez maintenant au beau milieu d’une classe, entouré d’élèves du même âge que votre enfant. Ceux-ci ne semblent pas remarquer votre différence d’âge, y compris l’enseignante qui n’en fait aucun cas. Celle-Ci est plus jeune que vous, ça vous fait étrange…

Au tableau, l’enseignante inscrit des accords de conjugaison. Vous devez les retranscrire dans votre cahier en y ajoutant la finale. Comme vous n’avez jamais eu de réelles difficultés en français, l’exercice se passe plutôt bien. Seule chose étrange au tableau, le télescope qui se trouve au beau milieu de la classe. Vous avez beau chercher, vous ne voyez pas le rapport de la présence de cet outil avec l’exposé de la maîtresse. «Peut-être servira-t-il plus tard ?», vous dites-vous. Vous retournez donc calmement à votre cahier.

Lorsque vous relevez la tête, vous constatez que le télescope s’est rapproché de vous. Surpris, vous l’examinez comme il faut. À l’endroit où se trouverait normalement un trépied, vous percevez des pattes d’araignée. Le télescope se retourne sur lui-même, exposant un grand œil à l’autre extrémité. Après vous avoir observé comme il faut, le« monstre-télescope» vous rejoint et vous impose sa vision par la petite extrémité. Vous essayez de le pousser du revers de la main, mais rien n’y fait, le télescope reprend aussitôt sa place sur votre œil.

Vous déclarez forfait. Plutôt que de vous battre avec la créature-télescope, vous essaierez de suivre l’exposé avec la vision agrandie qu’elle vous impose.

Plus facile à dire qu’à faire puisque, du tableau, vous ne voyez qu’une infime partie en ultra haute définition. Vous voyez parfaitement la texture du trait de craie. Vous percevez les mini-failles de la peinture du mur de la classe et les motifs du tailleur de l’enseignante vous apparaissent avec une précision à couper le souffle…. Que dire des sons qui vous entourent… Les noix de votre voisin qui craquent sous sa dent… Il ne devrait pourtant pas manger en cours, c’est interdit… Et les rires timides des élèves d’en arrière perturbent tout autant votre concentration. Que se passe-t-il? L’œil du télescope s’oriente rapidement sur votre uniforme… L’étiquette de votre col vous irrite et vous sentez à la puissance 10 cette horrible petite couture sur votre gros orteil… Ce matin, rien de tout cela ne vous agaçait pourtant.

Dans tout ce charabia de vos sens, il vous est impossible d’avoir une vue d’ensemble de ce qui se passe en classe, de suivre l’exercice et d’écrire les réponses dans votre cahier. Toutes ces tâches représentent un défi beaucoup trop difficile.

L’enseignante se rend compte de votre désarroi et s’enquiert de votre situation. Attirer l’attention est bien la dernière chose que vous souhaitez; le tout est déjà assez compliqué comme ça. Vous tentez d’établir un contact visuel avec elle, mais ne réussissez qu’à voir un de ses yeux à la fois! Et si regarder sa bouche vous permettait enfin de mieux comprendre? Sur un ton agacé, vous répondez que tout va bien en espérant qu’elle vous laisse continuer l’exercice en paix pour autant qu’il soit concevable de le faire dans de telles conditions.

Votre professeure n’aime pas se faire adresser la parole ainsi. Elle vous envoie donc directement au bureau du directeur pour une petite réflexion.

Le TSA
C’est quoi?

Le terme « autisme » signifie « solitude » ou « vivre dans son monde ». Le trouble du spectre de l’autisme (TSA) (anciennement TED pour : trouble envahissant du développement) est un trouble du développement neurologique caractérisé par des déficits persistants de la communication et des interactions sociales, observés dans des contextes variés. L’enfant autiste présente des difficultés au niveau de la réciprocité sociale et émotionnelle, une communication non verbale absente ou limitée, une difficulté à établir et maintenir des relations sociales de même qu’à s’impliquer dans des jeux imaginatifs et de groupe. Il se caractérise également au niveau des comportements, par des conduites stéréotypées, une certaine inflexibilité ou rigidité ainsi que des intérêts restreints et répétitifs.

La notion de spectre réfère aux différents niveaux de sévérité et d’intensité de l’atteinte et des symptômes. Ce terme évoque également la variation dans la nature et la quantité de soutien requis par l’individu dans son fonctionnement quotidien. En effet, le tableau clinique des TSA peut grandement varier selon le niveau de langage, l’âge, les capacités cognitives et la présence de conditions associées puisque chacun présente un agencement unique de signes et symptômes caractéristiques, avec des degrés de sévérité variables pour chacun d’eux. Chaque enfant autiste est donc unique. Cependant, les difficultés rencontrées devront obligatoirement touchées la triade symptomatologique (communication, interactions sociales et conduites stéréotypées/ intérêts restreints). Le diagnostic n’informe donc que très peu par rapport à l’unicité et l’étendue du trouble et de ses manifestations.

Bien que leurs impacts au quotidien peuvent se manifester plus tardivement, les signes et particularités qui sont rattachées à cette condition sont généralement présents dès le plus jeune âge, puisque le TSA est un trouble neurodéveloppemental. Cependant, les enfants dont les déficits sont moins sévères peuvent commencer à éprouver des difficultés plus importantes lorsque les relations sociales se complexifient. Certains autres auront un développement normal les premiers mois ou les premières années pour ensuite se replier sur eux-mêmes et perdre certains de leur acquis.

Pour qu’un diagnostic soit posé, l’impact au quotidien doit être significatif. Ainsi, il est possible que certains jeunes présentent un profil de comportement s’apparentant à celui d’un TSA, sans toutefois que l’impact fonctionnel soit significatif. Dans une telle situation, on ne pose pas de diagnostic de TSA. L’on veillera plutôt à observer l’évolution et réévaluer les besoins si des difficultés significatives venaient à survenir. En effet, certaines personnes ont un tempérament plus solitaire, présentent des traits caractéristiques de l’autisme, mais parviennent à fonctionner sans aide ou services particuliers, ont une vie sociale qui les satisfait, réussissent sur le plan scolaire et plus tardivement ont un emploi satisfaisant, sont en couple et ont des enfants, malgré les particularités de leur personnalité.

Le Trouble du Spectre de l’Autisme n’est pas une maladie, mais plutôt une condition présente dès la naissance, possiblement secondaire à un trouble complexe affectant le développement du cerveau, dont l’origine demeure toujours mal comprise. Plusieurs études soulèvent la possibilité d’une composante génétique. Des facteurs environnementaux (p.ex. l’âge avancé des parents, certaines maladies maternelles pendant la grossesse, des infections virales, le stress prénatal extrême et la privation d’oxygène du bébé lors de l’accouchement) pourrait interagir  avec de telles prédispositions de l’organisme. Une attention particulière est de plus en plus portée vers le rôle du système immunitaire, impliquant certaines altérations du microbiote intestinal dans le développement du TSA. En revanche, il existe désormais un consensus scientifique clair et sans équivoque autour du fait que les vaccins ne causent en aucun cas l’autisme. L’augmentation significative de la prévalence serait plutôt due à plusieurs facteurs incluant la redéfinition des critères diagnostiques qui permettent une meilleure identification, l’augmentation de la disponibilité des services, la détection plus précoce ainsi que la plus grande connaissance de ces troubles par les professionnels de la santé.

Bien qu’il n’y ait à l’heure actuelle aucune guérison possible de l’autisme, ni un seul traitement efficace pour les TED, une variété de thérapies et d’interventions permettent d’en atténuer les symptômes et d’améliorer les apprentissages. Les recherches démontrent qu’un diagnostic précoce et des interventions avant l’âge scolaire donnent les meilleurs résultats en raison des plus grandes capacités adaptatives du cerveau à ce moment de l’évolution. Bien qu’une prise en charge effectuée tôt soit préconisée, il n’est jamais trop tard pour intervenir et les traitements seront bénéfiques peu importe l’âge des personnes diagnostiquées.

En raison du continuum de l’autisme, une vaste gamme de mesures de soutien peut s’avérer nécessaire. Le plan de traitement idéal est donc une combinaison de thérapies et d’interventions qui s’adapteront à chaque enfant. Parmi celles-ci, notons, au Québec, l’approche cognitivo-comportementale du langage conceptuel, développée par Brigitte Harrisson, elle-même autiste, et Lyse St-Charles. Ce modèle d’intervention permettrait aux personnes autistes de mieux saisir les notions abstraites que leur cerveau a du mal à intégrer par le biais d’un code écrit spécifique, répondant du coup aux particularités neurocognitives de cette population pour qui la modalité visuelle est très clairement privilégiée pour traiter les informations.

Comment la cibler?

Au point de vue des interactions sociales, l’enfant

  • Socialise peu avec les pairs et ses relations sont principalement orientés vers ses
  • intérêts; peut rechercher la socialisation, mais demeure maladroit dans ses interactions
  • Évite généralement les activités en groupe
  • Parle de façon incessante sur un sujet particulier
  • A un contact visuel bref et peu orienté vers l’interlocuteur
  • Présente un inconfort lors des contacts physiques

Au niveau de la communication, l’enfant :

  • A un langage limité ou, à l’inverse, un langage très développé, un vocabulaire riche qui semble surdéveloppé pour son âge
  • S’exprime peu de façon non verbale (gestes, expressions faciales)
  • Présente de l’écholalie (répète régulièrement les propos de l’autre)
  • N’attire pas l’attention de l’interlocuteur, s’adresse à lui sans diriger son regard
  • S’exprime avec un ton de voix qui semble étrange, « mécanique »
  • Présente peu de jeu imaginaire (jeu de faire semblant)
  • A des difficultés d’apprentissage (ex : inférences, résolution de problèmes, compréhension de lecture, concepts abstraits)

Sur le plan de la conduite, l’enfant :

  • Réagit aux changements de routines, aux imprévus
  • Présente des rituels
  • A des intérêts « envahissants » ou inhabituels pour son âge
  • Possède des connaissances encyclopédiques sur ces sujets d’intérêt (ex : dinosaures, voitures, système solaire, etc.)
  • Effectue des mouvements particuliers (ex : mouvements répétés des bras ou des mains, balancement du corps, sautillements)
  • Est plus sensible que d’autres enfants au plan sensoriel (ex : refuse certains aliments ou vêtements en raison de leur texture, est inconfortable lors de l’hygiène, réagit fortement au bruit ou à la lumière, porte régulièrement des objets à sa bouche).

Vous croyez reconnaître
VOTRE ENFANT?
Écrivez-nous !