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Trouble développemental d’acquisition de la coordination

Vous vous retrouvez maintenant au beau milieu d’une classe, entouré d’élèves du même âge que votre enfant. Ceux-ci ne semblent pas remarquer votre différence d’âge, y compris l’enseignante qui n’en fait aucun cas. Celle-ci est plus jeune que vous, ça vous fait étrange…

La classe est en période de lecture, rien de préoccupant pour l’instant. Vous qui ne raffolez pas de la lecture, vous vous dites que si vous faites comme si de rien n’était, tout devrait bien se passer.

Vous sursautez en entendant un fracas tout près de vous. Vous apercevez une créature, similaire à un manchot assis sur le sol. Non pas assis; affalé. Ses pieds semblent munis d’énormes patins mal lacés qui vous apparaissent bien peu appropriés pour le plancher de bois de la classe. En observant de plus près, toutefois, vous constatez qu’une mince couche de glace semble se former tout autour de l’animal. À en juger par la nageoire plâtrée qu’arbore le manchot, vous devinez qu’il ne s’agit pas de sa première dérape sur la patinoire…

Piteusement, le manchot vous tend son autre nageoire pour que vous l’aidiez à se relever. Jetant un regard autour de vous, vous constatez que vous êtes seul à le voir, et donc seul à pouvoir l’aider. Lorsque vous lui tendez la main, avec les meilleures intentions du monde, vous sentez immédiatement un picotement froid traverser votre bras, et vous voyez des traces de givre apparaître sur vos doigts. Plutôt que de relever la créature, celle-ci vous glisse des mains et s’étend à nouveau sur le sol. Ne pourrait-elle pas se faire un peu plus discrète! Pourrait-elle faire un peu plus attention! Vous ne souhaitez pas vous faire remarquer par l’enseignante!

Au même moment, cette dernière se lève et annonce le début de la leçon de mathématiques. Vous vous retournez en direction de la créature et lui jetez un regard sérieux…Vous tentez alors de prendre votre crayon pour suivre le cours, mais celui-ci glisse entre vos doigts, tout comme la gomme à effacer et les pages du cahier. La glace qui couvrait vos mains s’étend maintenant sur tout votre corps et vous sentez comme un engourdissement qui rend chaque mouvement difficile et périlleux.. Misère! Vous ne pouvez même pas exécuter avec facilité un geste aussi simple que d’aligner convenablement des chiffres sur la ligne de votre cahier. Même les triangles que vous devez tracer ont maintenant l’air de carré arrondi! En appuyant un peu trop fort sur votre crayon vous en brisez la mine… Un nouveau problème auquel vous tentez de remédier en saisissant votre aiguise-crayon. Quand vous parvenez enfin à l’insérer correctement, vous vous retrouvez alors une fois de plus complètement démuni : dans quel sens vous faut-il tourner… un peu par la gauche, quelques coups par la droite… mais rien ne va, la prise excessive de votre main engourdie casse une fois de plus la mine. Vous vous tournez alors vers les réglettes qu’on vous demande de placer en dizaines. Les petits cubes unités tombent de tous les côtés et il vous est impossible de corder convenablement les bâtonnets orange pour former le chiffre 60! Votre petit ami qui tente toujours de se relever semble partager votre découragement…Vous êtes tous deux totalement épuisés par tous ces obstacles qui complexifient la moindre tâche…

Vous anticipez déjà la récréation qui devrait être annoncée dans quelques minutes tout au plus! Comment pourrez-vous enfiler rapidement bottes et habits de neige dans ce brouhaha d’enfants pressés si vous ne parvenez pas à vous libérer de l’emprise de votre compagnon nordique?

En savoir plus

Définition

Le trouble d’acquisition de la coordination (TAC), anciennement appelé dyspraxie motrice et maintenant mieux connu sous le nom de trouble développemental de la coordination (TDC), se définit par un retard dans les apprentissages moteurs et la coordination motrice.

Il est possible de caractériser le développement en « stades », durant lesquels l’enfant réalise des apprentissages spécifiques dans divers domaines tels qu’affectif, social, langagier et moteur, domaines qui leur permettent d’interagir avec leur environnement et de développer de plus en plus d’autonomie. Malgré ces grandes lignes directrices, il est important de garder en tête que chaque enfant est unique et que le développement de ces stades peut connaître certaine variations, ce qui peut rendre l’identification d’anomalies plus difficile à un jeune âge. Au sein du développement moteur, nous retrouvons 3 grandes catégories de fonctions motrices, soit celles dites globales (ex : marcher, courir, sauter, etc.), celles dites fines (ex. : manipuler de petits objets tels que des lego, découper à l’aide de ciseaux, tenir un crayon pour dessiner, etc.) et les tâches nécessitant de l’organisation (utiliser des ustensiles pour manger, disposer de la dextérité pour boutonner, lacer et zipper ses vêtement, réaliser les soins d’hygiène, etc.). Avant de poser un geste précis tel que marcher, l’individu doit se doter d’une représentation des étapes qui devront être mises en place pour la réalisation adéquate de ce geste. Ainsi, il doit planifier et coordonner des actions précises (ex : il devra d’abord lever le pied droit, plier le genou droit et déposer son pied devant lui pour ensuite répéter les mêmes étapes avec son pied gauche). Ces habiletés progresseront rapidement à l’enfance et continueront de se perfectionner en suivant la maturation de l’enfant et la mise en pratique répétée de chacun de ces gestes du quotidien.

Le trouble d’acquisition de la coordination affecte la capacité de l’enfant à planifier, organiser et automatiser les gestes moteurs pour réaliser une action ou une activité. Bien que le jeune ait expérimenté plusieurs fois ces tâches et ait pu développer ses capacités, celles-ci sont nettement inférieures à celles attendues pour son âge. L’enfant apparaît donc maladroit; ses gestes sont lents à exécuter, imprécis et désorganisés même pour des activités motrices simples. En effet, celui-ci peine à coordonner les différentes parties de son corps pour réaliser une tâche alors que ses membres, pris isolément, ne révèlent pourtant aucune particularité. Il est aussi possible de constater des « bizarreries » dans les façons de réaliser les tâches (ex. tracer les lettres de manière inhabituelle, qui apparait contre-intuitive). Les facultés d’équilibre peuvent être plus faibles tout comme le contrôle postural alors que certains présentent des difficultés à positionner leur corps dans l’espace (ex. pour attraper un ballon) ou ne pas être capable de réaliser des activités qui nécessitent l’utilisation coordonnée des côtés droits et gauches de leur corps (par exemple pour manger avec des ustensiles, se brosser les dents, manier des ciseaux, etc.). Il importe de souligner qu’il n’y a pas un TDC mais plusieurs TDC, puisque c’est un trouble aux manifestations motrices très hétérogènes. Ainsi, un enfant peut avoir des difficultés dans un domaine moteur bien ciblé (par exemple en matière d’écriture et de la motricité fine seulement…) et bien réusir dans les autres sphères ou bien dans plusieurs domaines moteurs (coordinations, équilibre, motricité fine…)

Ces difficultés motrices persisteront malgré la pratique de la tâche (ex : écrire, découper, lacer ses souliers, utiliser les ustensiles, lancer un ballon, faire du vélo). Par conséquent, l’enfant utilise beaucoup de son énergie afin de réaliser un geste qui, pour les autres enfants de son âge, est déjà automatisé. Le trouble d’acquisition de la coordination est généralement présent dès la naissance, mais l’impact de ce trouble sera de plus en plus notable à mesure que l’enfant grandira et que les demandes de son environnement se complexifieront.

En dépit de la persistance de ce trouble, il est important d’offrir à l’enfant une rééducation qui lui permettra de s’outiller et d’apprendre à compenser ses difficultés! On observe aussi certaines difficultés dans la généralisation des mouvements, donc de petits changements pour nous peuvent paraître très grands pour eux!

Cette problématique affecte 5 % des jeunes âgés de 5 à 11 ans et est observée davantage chez les garçons. On estime que 50% des enfants ayant un TDAH présentent aussi un trouble développemental de la coordination.

Par ailleurs, il est possible de relever dans la littérature des auteurs pour qui les termes trouble d’acquisition de la coordination et dyspraxie sont utilisés afin de désigner une même condition. D’autres avancent que la dyspraxie réfère à une problématique plus circonscrite touchant les praxies, cette dernière ayant une composante davantage culturelle que le trouble d’acquisition de la coordination qui concerne davantage la coordination (la mise en action du geste).

Comment apprivoiser ce monstre?

Recommandations pour vos interventions quotidiennes

  • Privilégiez tout d’abord des activités motrices qui intéressent l’enfant ce qui permettra de nourrir sa motivation intrinsèque laquelle contribuera à maintenir sa motivation dans le temps.
  • S’assurer que l’enfant a une posture qui favorise l’apprentissage à l’école. Pratiquer cette posture à la maison (pieds à plat, bonne hauteur du pupitre, appuis confortables). Avoir une bonne posture permet de développer les bons muscles stabilisateurs qui permettront d’accomplir des mouvements de plus en plus complexes!
  • Donner plus de temps à l’enfant pour la réalisation des tâches quotidiennes. Évidemment, s’il enfant est stressé par une limite de temps lors de certaines tâches, ces dernières lui prendront beaucoup plus de temps. Une erreur est de donner 2 minutes pour le brossage de dents : il vaut mieux que le brossage soit bien fait en plus de temps afin que l’enfant comprenne que l’importance de la tâche est prioritaire. On peut également en profiter pour expliquer à l’enfant que chacun a besoin d’un temps différent pour accomplir une activité ou une tâche et que c’est tout à fait normal!
  • Utiliser des crayons et ustensiles qui sont plus faciles pour la préhension. Cela permet à l’enfant de pratiquer un mouvement plus simple, mais qui ressemble au mouvement recherché. Ainsi, on pratique la coordination et la planification d’un mouvement précis.
  • Séparer les activités et tâches en plusieurs étapes afin de faciliter encore une fois la planification du mouvement et la séquence ce celui-ci. Tenter de toujours utiliser le même ordre pour faire les mêmes tâches pour faciliter la mémorisation des étapes pour le jeune. Par exemple, quand on s’habille, on commence par les caleçons, ensuite les pantalons, les bas et finalement le chandail.
  • Décortiquer les mouvements en petites étapes en ajoutant graduellement des variantes. Pour la même raison que plus haut, on peut même séparer les mouvements un peu plus complexes en plusieurs petits mouvements simples. Par exemple, pour manger avec une fourchette, étape par étape, on explique les étapes de préhension de la fourchette, ensuite on pique, on amène à la bouche, on ferme la bouche, on croque 10 fois et on avale!
  • Faire pratiquer la coordination dans un environnement positif qui est à l’écart des jugements des autres enfants. Cela permet d’enlever la variable de la peur du jugement sociale qui peut devenir très envahissante si l’enfant vit plusieurs mauvaises expériences où ses camarades se moquent de lui. On peut aussi pratiquer les mouvements des cours d’éducation physique à la maison avant les cours. Par exemple, apprendre tranquillement à dribler avec un ballon de basketball.
  • Ne pas hésiter à limiter les surcharges et le découragement en facilitant certaines activités du quotidien : ex privilégier des vêtements faciles à mettre et à enlever grâce au velcro, des chaussures aux lacets élastiques que l’enfant n’a pas besoin de défaire et refaire à chaque fois, etc.
  • Ergothérapie et la psychoéducation sont à prioriser, afin de travailler la séquence des mouvements, la planification de ceux-ci l’estime de soi et l’autonomie.
  • Il est essentiel de mettre l’accent sur les forces de l’enfant, sa détermination et son courage afin de stimuler sa confiance en lui.

Au niveau des interventions avec l’ergothérapie, il est possible d’y aller de manière plus séquentielle, c’est-à-dire en étapes de mouvements. Par exemple, pour manger, on tient la fourchette de la bonne façon, on pique la nourriture avec la fourchette, on amène à la bouche, on croque et on avale. Il est aussi possible de travailler avec ce que l’enfant connaît : ainsi, on part d’un mouvement plus général (par exemple donner un « high-five ») et on s’approche du mouvement plus spécifique désiré (lancer un ballon).

Jeux pour le TAC :

Il est important de prendre en considération que les jeux ne sont pas des traitements magiques! Il faut souvent les utiliser plusieurs fois par le biais de courtes séances pour en vérifier les effets positifs.

  • Tangram afin de travailler la planification des mouvements.
  • Jouer aux mimes pour travailler la coordination et le contrôle dans les mouvements.
  • Jouer à « Jean dit … », aussi pour travailler la coordination et le contrôle.
  • « Crazy Cups », peut parfois être difficile à cause de la vitesse, mais on peut commencer graduellement. Cela permet de pratiquer la coordination et le contrôle des mouvements en prenant compte de l’esprit compétitif du jeune!
  • Jungle Speed, peut aussi être difficile au départ à cause de la vitesse du jeu, mais le jeu permettra l’organisation des mouvements assez simples!

Quelles sont les forces de ce monstre?

Une des forces du jeune qui vit avec le TAC est sa persévérance. Essayez de vous mettre à sa place, fragmentez chacun des mouvements de votre quotidien, c’est lourd comme tâche! Il est important de lui souligner cette force lorsqu’il vit des moments plus difficiles. Il faut donc utiliser cette force comme fondation à ses apprentissages. De plus, le jeune qui a un trouble d’acquisition de la coordination est patient, il sait attendre comme il prend souvent beaucoup de temps lui-même pour faire les choses. Une autre force que l’on constate beaucoup chez eux est leurs compétences langagières autant du côté de la lecture que du côté du verbal. Parler avec un enfant qui a un TAC nous donne vraiment l’impression de parler avec un « mini adulte » étant donné leur surinvestissement dans la sphère intellectuelle.

Forces en mots-clés

  • Persévérance
  • Patience
  • Bonnes compétences langagières

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